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Photo ILo Ouseph
Entrée en vigueur en Suisse de la Convention n° 189 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les travailleuses et travailleurs domestiques
A l'occasion de l’entrée en vigueur en Suisse, le 12 novembre 2015, de la convention n° 189 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les travailleuses et les travailleurs domestiques, la paroisse catholique romaine de Sainte-Clotilde, Genève, et le Centre Catholique International de Genève (CCIG) se sont associés en vue de promouvoir cet instrument de droit international ainsi que la législation cantonale en la matière (Contrat-type de travail de l’économie domestique  J 1 50.03 CTT-Edom), consacrée par cette convention, tant auprès des employeurs que des employés potentiellement concernés au sein de la paroisse ainsi qu'auprès des paroisses du canton et des milieux intéressés de la Genève internationale.
A cet effet, une brochure en français et en anglais a été éditée, présentant la convention n° 189 de l'OIT et le CTT genevois de l'économie domestique, assortis de messages et de témoignages de Monseigneur Pierre Farine, évêque auxiliaire de l'Eglise Catholique Romaine (ECR), Genève, de Monsieur Mauro Poggia, conseiller d'Etat de la République et Canton de Genève, de Madame Esther Alder, maire de la Ville de Genève, de Monsieur Guy Ryder, directeur général du Bureau International du Travail (BIT), de Monsieur William Lacy Swing, directeur général de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) ainsi que de représentants de la Mission permanente de la Suisse auprès de l’Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève, de la Communauté Catholique de Langue Portugaise de Genève, de la  Pastorale du monde du travail de l'Eglise Catholique Romaine de Genève et du Centre de Contact Suisses-Immigrés (CCSI).
Outre cette publication destinée aux acteurs institutionnels, la paroisse de Sainte-Clotilde et le CCIG ont produit un aide-mémoire en français, en anglais, en espagnol et en portugais rappelant les principales dispositions du Contrat-type de travail de l'économie domestique genevois, qui sera largement diffusé, dans un premier temps au sein de la paroisse.
Cette action s'inscrit dans le cadre  de la remise à l'honneur et au goût du jour d'une notion qui occupe une place centrale dans l'enseignement social chrétien, la notion de bien commun. Le bien commun désigne la vocation de toute communauté humaine à vivre une vie où tous ses membres, ainsi que la communauté elle-même, atteindraient leur plein épanouissement. Le bien commun n'est réductible ni à un organigramme ni à un ensemble d'institutions: il est la résultante de la mise en œuvre permanente de principes comme la solidarité, la subsidiarité ou encore la destination universelle des biens. Le bien commun est ainsi la clé de voûte de l'enseignement social chrétien que soutiennent et nourrissent ces principes.
"C'est dans cet esprit qu'entend œuvrer notre paroisse, autour de cette notion universelle, et j'ai jugé qu'il était de notre devoir de nous engager de toutes nos forces  en faveur de celle-ci au travers de cette modeste action. Si une paroisse à elle-seule ne peut soulever des montagnes, elle se doit cependant d'apporter sa pierre à l'édifice, avec un regard ouvert sur notre monde même s'il peut paraître incongru, si ce n'est prétentieux, de prétendre contribuer à la promotion d'une convention internationale" déclare Madame Sandra Golay, présidente de la paroisse de Sainte-Clotilde.
M. Félix Wertli, président du CCIG, considère pour sa part que "les Organisations non gouvernementales (ONG) ont joué un rôle important dans l’élaboration de la convention n° 189 de l'OIT. Elles ont fait valoir la voix de la société civile issue du monde entier. Les organisations catholiques ont participé à ce plaidoyer en donnant, entre autres, la parole aux personnes concernées dans l’enceinte genevoise où a été  préparée cette convention.  Maintenant que la convention est entrée en vigueur, il reste à garantir que les droits protégés sont effectivement respectés en Suisse et dans le canton de Genève. La brochure de la paroisse de Sainte-Clotilde et du CCIG est un instrument à cette fin. Elle fait connaître non seulement la convention, mais également le cadre règlementaire cantonal qui permet de la mettre en œuvre. Le CCIG  espère que la Pastorale du monde du travail, les paroisses et les missions linguistiques confrontés aux violations des droits des employées de maison trouveront dans ces instruments les outils utiles pour rester aux côtés des plus démunis".
L'OIT estime à 53 millions le nombre de travailleurs et de travailleuses domestiques dans le monde, dont 83% de femmes.
Brochures en français et en anglais, dépliants en français, anglais, espagnol et portugais disponibles auprès de : Secrétariat de la paroisse de Sainte-Clotilde, 14bis, avenue de Sainte-Clotilde, 1205 Genève, tél. 022 328 27 28 - E-mail : jeannoel.golay@hispeed.ch
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Pour marquer cet événement, un grand concert gratuit au Victoria Hall, Genève, a eu lieu en janvier 2016, organisé par la paroisse et le CCIG.









Stanislava Nankova, l'orchestre symphonique et la Chorale du Brassus.
Photos du concert. W. Perusset - paroisse Sainte-Clotilde



Mauro Poggia, conseiller d’Etat du canton de Genève
a notamment déclaré : « En 2004, à Genève, nous avons souhaité développer une économie de proximité équitable et transparente en lançant le Chèque service, dans le but d’inciter les employeurs privés à se mettre en règle et à offrir une protection sociale à leur personnel de maison. Les employeurs privés ayant recours à Chèque service augmentent chaque année et nous ne pouvons que nous réjouir de cet acte responsable et civique vis-à-vis des travailleurs domestiques. Cependant, le travail au noir est encore trop fréquent dans ce secteur. C'est pourquoi la ratification de la convention n° 189 de l'OIT a tout son sens dans notre canton déjà bien loti en matière de protection sociale. Reconnaître la valeur économique et sociale du travail à la personne demeure fondamental chez nous aussi, non seulement pour assurer aux employés une couverture sociale, pour lutter contre les discriminations et l'exclusion, mais aussi pour assurer à nos concitoyens une main-d'œuvre, fiable et engagée, dont nous avons le plus grand besoin. Avec le vieillissement de la population, les demandes en matière d'aide à la personne se développent significativement, notamment dans l'accompagnement des malades ou des personnes âgées, ou dans le soutien à la logistique d'une maison. Les travailleurs domestiques, que l'on estime à plus de 30'000 à Genève, sont donc essentiels et précieux. Respectez-les comme tels : essentiels et précieux. Offrez-leur des conditions de travail valorisantes et faites en sorte qu'ils ne sombrent pas dans la précarité ».


Maire de Genève, Esther Alder
a souligné que « malheureusement, nombre de ces employés continuent à travailler au noir, parce que leurs employeurs ne veulent pas payer le salaire minimum prévu par le contrat-type. Les violations de la loi restent nombreuses, et cette situation est inadmissible, à plus forte raison dans une ville qui se veut la capitale des droits humains. Des efforts supplémentaires doivent donc être fournis pour appliquer les normes juridiques existantes et les faire connaître non seulement auprès des employés, mais aussi auprès des employeurs ».



Sandra Golay, présidente de la paroisse de Sainte-Clotilde, et Félix Wertli, président du Centre Catholique International de Genève (CCIG)
ont présenté le témoignage de Mme Elvira S., une employée de maison portugaise qui a été récemment licenciée sans ménagements par ses employeurs : « Je voudrais que les patrons, indépendamment de leur nationalité, respectent les justes droits de leurs employés domestiques, selon la loi. Qu’ils les respectent comme des êtres humains, ce ne sont pas des esclaves... ».


Michelle Leighton, représentante du Bureau International du Travail (BIT)
a fait valoir que « la convention n° 189 de l’OIT a pour but d’offrir aux travailleurs domestiques une protection qui leur était due de longue date. Les travailleurs domestiques constituent une force de travail vulnérable, peu visible, avec prédominance des femmes, souvent exclue des champs d’application des législations nationales du travail, et donc privée des droits essentiels dont bénéficie la grande majorité des travailleurs, tels que les limites à la durée du travail, des jours de repos hebdomadaires, des vacances payées, des salaires minima et une couverture sociale ».






















Le Victoria Hall était complet.


Paroisse de Sainte-Clotilde​
14bis, av. de Sainte-Clotilde, CH - 1205 Genève


Centre Catholique International de Genève
​1, rue de Varembé, CH - 1211 Genève​